Budget 2024: la BCE réduit ses rachats d’obligations, mais la stabilité est une inconnue

Budget 2024: la BCE réduit ses rachats d’obligations, mais la stabilité est une inconnue
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Dans le labyrinthique panorama économique de la zone euro, les augures montrent des cieux assombris, avec des prévisions qui laissent entrevoir une contraction significative du taux de croissance annuel moyen du Produit Intérieur Brut (PIB) en termes réels dans les années à venir. Derrière ces augures, la Banque centrale européenne (BCE) se dresse en vigie, scrutant l’horizon à travers son bulletin mensuel, et y décèle les impacts néfastes d’une politique monétaire de plus en plus restrictive, ainsi que des conditions de l’offre de crédit qui semblent se resserrer comme un étau autour des perspectives de croissance à court terme.

L’économie de la zone euro se heurte à des défis d’une ampleur considérable. Le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, sans recourir à la langue de bois, a esquissé un tableau pour le moins alarmant, évoquant la possibilité d’un déclin du PIB au second semestre de l’année 2023. Cette prémonition d’un vice-président averti ne fait que confirmer les risques pesant sur la croissance, des risques que les estimations de la BCE mettent en relief avec une clarté désarmante : un taux de croissance annuel moyen du PIB passant de 3,4 % robuste en 2022 à un maigre 0,6 % en 2023. Malgré la rigueur de ces chiffres, un timide rebond est attendu, avec une hausse de 0,8 % en 2024, avant de se stabiliser aux alentours de 1,5 % au cours des deux années suivantes.

Dans cet environnement tumultueux, la BCE a pris le taureau par les cornes en annonçant son intention de maintenir intégralement les réinvestissements du capital remboursé sur les titres arrivant à échéance dans le cadre du Programme d’Urgence de Rachat de Titres (PEPP) pendant toute la première moitié de 2024. Pour la seconde moitié de l’année, la stratégie de la Banque centrale prévoit une réduction graduelle du portefeuille PEPP, à hauteur de 7,5 milliards d’euros par mois, dans le dessein de mettre un terme aux réinvestissements d’ici la fin de 2024.

Un autre sujet de préoccupation non négligeable est la possible escalade de l’inflation en décembre 2023. Une hausse principalement attribuée à une augmentation des coûts de l’énergie. Malgré ces vents contraires, l’année 2024 pourrait voir un ralentissement de l’inflation, grâce à des effets de base décroissants et à l’effacement progressif des mesures fiscales mises en place auparavant pour atténuer les impacts des chocs sur les prix de l’énergie. Cependant, les projections restent prudentes, indiquant que le processus désinflationniste sous-jacent est susceptible de persister malgré cette reprise éphémère de l’inflation.

Les banques de la zone euro, quant à elles, affichent une santé financière qui pourrait être qualifiée de robuste. Elles présentent des ratios de fonds propres enviables et une rentabilité en progression notable sur l’année écoulée. Mais la BCE, dans une démarche de prévoyance, met en garde contre une stabilité financière qui reste en réalité fragile, tributaire d’un resserrement des conditions de financement, d’une croissance économique languissante et de tensions géopolitiques qui ne démordent pas. Face à un tel tableau, les institutions financières sont conviées à une vigilance de tous les instants, à élaborer des stratégies et des politiques prudentes pour naviguer à travers les incertitudes qui brouillent le paysage économique mondial. Ces mesures visent à garantir la pérennité et la résilience du système financier de la zone euro, un pilier central pour la stabilité de l’ensemble européen.