Dette et catastrophe: le système bancaire parallèle en Chine dans l’œil du cyclone.

Dette et catastrophe: le système bancaire parallèle en Chine dans l’œil du cyclone.
Zhongzhi

La géopolitique économique mondiale observe avec intensité les manœuvres de la Chine, une superpuissance à l’intersection de chemins cruciaux sur l’échiquier financier. Ces derniers temps, la Chine a pris des mesures audacieuses pour tenter de faire face aux pressions financières qui s’accentuent. Avec le pragmatisme qui la caractérise, elle a entrepris une série de réformes financières notables. Celle-ci comprend la modification des horaires d’ouverture de ses bourses, la réduction des commissions sur les transactions boursières et l’introduction d’un ensemble de blue chips de haute technologie. Ces actions visent à aligner davantage les marchés financiers sur la dynamique de son économie réelle.

Cependant, c’est la fuite des capitaux qui agite profondément l’establishment économique chinois, une tendance qui a pris de l’ampleur vers la fin de l’année dernière. La déperdition de capitaux hors des frontières nationales est un baromètre alarmant de la confiance des investisseurs dans les perspectives économiques du pays. Les réformes en question semblent donc être une réponse à cette préoccupation croissante.

La Chine fait face à une crise au sein de son système bancaire parallèle, un réseau non réglementé qui occupe une place significative dans le mécanisme financier du pays. Le cas de Zhongzhi, une société fiduciaire dont les actifs s’élevaient à 200 milliards de yuans face à des dettes de 64 milliards de dollars, est emblématique de cette crise. Les problèmes de Zhongzhi ont éclaté au grand jour en juillet, lorsqu’une de ses branches, Zhongrong International Trust Co, a manqué à ses paiements sur des produits d’investissement liés à un secteur immobilier déjà en difficulté.

En août, Zhongzhi a dévoilé aux investisseurs une crise de liquidité alarmante et l’inévitabilité d’une restructuration de la dette. Les dirigeants de l’entreprise ont admis que les efforts d’« auto-sauvetage », centrés principalement sur le recouvrement de dettes et la liquidation d’actifs, étaient moins efficaces qu’une procédure de faillite structurée.

Parallèlement, Country Garden, autrefois le plus grand promoteur immobilier chinois, affronte sa propre crise. Les ventes déplorables de l’entreprise, qui se chiffrent à environ 6,61 milliards de yuans, mettent en lumière une dette considérable qui avoisine les 33 milliards d’euros fin juin. Le fardeau de Country Garden illustre l’amoncellement des difficultés dans le secteur immobilier chinois, un secteur qui avait déjà été ébranlé par les convulsions financières d’Evergrande et sa dette vertigineuse de 300 milliards de dollars.

Dans le but de stimuler les marchés et de restaurer la confiance des investisseurs, la Chine a lancé le CSI A50, un indice comprenant des entreprises phares telles que Kweichow Moutai, Contemporary Amperex Technology Co, Semiconductor Manufacturing International Corp et Jiangsu Hengrui. Malgré cela, l’indice a connu une baisse initiale de 2,6%. JPMorgan Chase a certes introduit de nouveaux fonds basés sur cet indice, mais les tensions sur les marchés financiers demeurent palpables.

La deuxième plus grande économie du monde se trouve donc face à une transition délicate. Tandis que le gouvernement chinois tente de stabiliser les marchés à travers des réformes et des initiatives innovantes, les défis structurels comme l’instabilité du secteur immobilier et les fragilités du système bancaire parallèle font planer une ombre sur la stabilité financière du pays. La manière dont la Chine va naviguer dans ces eaux tumultueuses est scrutée avec attention par la communauté internationale, car les répercussions de ces enjeux sont globales. La prudence est de mise dans ce contexte instable, où chaque décision peut avoir des conséquences mondiales.