Fléchissement de la croissance : la Banque Centrale Européenne enclenchée vers une mesure radicale !

Fléchissement de la croissance : la Banque Centrale Européenne enclenchée vers une mesure radicale !
BCE Outlook 2024

Dans les couloirs feutrés de l’Eurotower, le temple financier de la Banque centrale européenne (BCE), une effervescence discrète anime les esprits des stratèges de la monnaie unique. Sous la houlette de Christine Lagarde, la BCE affûte les armes de sa politique monétaire, tenant en haleine les marchés qui anticipent les futures décisions de cette institution clé. Tandis que l’année 2023 s’écoule, les regards se tournent vers les réunions cruciales du Conseil des gouverneurs, des rendez-vous qui pourraient redessiner le paysage économique de la zone euro.

Lors de ces assemblées, prévues pour les 14 juin et décembre, la BCE pourrait bien jouer une partition inédite, alors qu’elle s’apprête à réévaluer les taux d’intérêt qui régissent le pouls économique des dix-neuf nations de l’eurozone. Les augures de la finance scrutent chaque indicateur, chaque frémissement qui pourrait émaner de Francfort, siège de l’institution.

Outre-Rhin, l’indice des prix à la consommation (IPC) américain jette une ombre sur les décisions de la Réserve fédérale de Jerome Powell, avec une hausse de 0,1 % en novembre – un chiffre qui peut paraître anodin mais qui dépasse les attentes des analystes. Cette donnée, insignifiante en apparence, a toutefois le pouvoir d’informer les mouvements de la Fed et, de ce fait, d’exercer une influence transatlantique sur la BCE.

L’inflation annuelle américaine ayant atteint 3,1%, conforme aux prévisions, marque un léger recul par rapport au mois d’octobre. À cela s’ajoute une inflation sous-jacente à +0,3% sur un mois et à +4% sur un an, en ligne avec les prévisions des économistes. Ces indicateurs pourraient peser dans la balance des décisions des grandes banques centrales, bien que la tendance à l’inaction soit souvent prônée.

À Francfort, les spéculations vont bon train. Les traders, avec le souffle retenu, espèrent que la BCE clôturera bientôt le chapitre de sa politique de taux bas, éventuellement en signalant un virage dès les premiers mois de 2024. Cette perspective n’est pas sans conséquences sur les dettes souveraines de la zone euro qui vivent au rythme des anticipations de politique monétaire.

La stabilité des écarts entre les BTP italiens et les Bunds allemands, cette métrique décisive pour les investisseurs, est l’objet de toutes les attentions. Les titres italiens, quant à eux, flirtent avec la barre des 4%, témoignant d’une nervosité palpable sur les marchés obligataires.

Les rendements des obligations souveraines de la zone euro ont connu une baisse, les investisseurs semblant convaincus d’une possible détente monétaire orchestrée par la BCE. Les taux allemands à 10 ans ont reculé, signe que l’étau se desserre, tandis que les taux français suivent une courbe similaire.

Les marchés, dans une danse haletante, ont déjà intégré une baisse de taux d’intérêt de 60 points de base en 2024 pour la zone euro. Certains prédisent même une diminution plus marquée de 144 points de base, portée par un ralentissement de l’inflation.