La diminution de la dépendance aux combustibles fossiles: perspectives pour la prochaine décennie

La diminution de la dépendance aux combustibles fossiles: perspectives pour la prochaine décennie
demande de pétrole

À l’aube d’une ère nouvelle dans le secteur énergétique mondial, des signes avant-coureurs d’un changement de paradigme se dessinent clairement. Une étude de marché perspicace menée par Pictet Asset Management a mis en lumière une tendance qui pourrait redéfinir l’avenir de l’industrie des combustibles fossiles. L’analyse suggère qu’au cours de la décennie à venir, la demande en combustibles fossiles, un pilier historique de l’approvisionnement énergétique mondial, pourrait connaître un tournant décisif.

Selon cette étude, la consommation mondiale de pétrole est sur le point de franchir un pic avant d’amorcer une descente inéluctable. Toutefois, cette évolution ne sera pas uniforme et s’accompagnera de défis conséquents ainsi que de disparités régionales marquées. Les prévisions indiquent qu’en 2024, la demande mondiale de pétrole devrait croître de 1,5 million de barils par jour, bien que cela représente un ralentissement comparativement à l’année précédente. Cet essoufflement de la croissance est principalement imputé au ralentissement attendu de la croissance du PIB mondial, estimé à 2,8% contre 3% en 2023.

Le contraste entre les économies développées et les marchés émergents est particulièrement frappant. Les premières devraient voir leur consommation de pétrole décroître de 0,2 million de barils dans l’année à venir, tandis que les seconds, et notamment les économies d’Asie émergente, devraient connaître une hausse significative de la demande, estimée à 1,7 million de barils par jour. La Chine se positionne comme le principal acteur de cette augmentation, soulignant ainsi sa dépendance croissante à l’égard du pétrole.

Du côté de l’offre, les experts de Pictet anticipent une montée en puissance de l’ordre de 1,3 million de barils par jour en provenance de pays extérieurs à l’OPEP+. Parmi eux, les États-Unis, le Brésil et la Guyane sont les contributeurs les plus notables. Cependant, cette augmentation de l’offre par des acteurs non affiliés à l’OPEP+ pourrait contraindre les membres de cette dernière à maintenir, voire à prolonger, leurs réductions de production volontaires afin de préserver des niveaux de prix stables et durables.

Les analystes s’accordent à dire que l’entrée en scène de ce supplément d’approvisionnement pourrait conduire à une surabondance pétrolière sur le marché mondial d’ici la fin de 2024, ce qui aurait un impact considérable sur la dynamique des prix du pétrole à long terme.

Concernant les prix justement, les spécialistes de Pictet prévoient que le pétrole Brent se stabilise autour de 90 dollars le baril durant le premier semestre, en raison essentiellement de la demande soutenue des économies émergentes, avec la Chine en figure de proue. Cependant, la projection table sur un recul des prix aux environs de 80 dollars le baril d’ici la fin de l’année suivante. Il convient de noter que de telles projections sont entachées d’incertitudes notables, y compris les fluctuations imprévues de l’offre et la possibilité que la reprise économique en Chine soit moins robuste que prévu.