Voitures électriques et transition énergétique : la mobilisation urgente pour dynamiser le secteur

Voitures électriques et transition énergétique : la mobilisation urgente pour dynamiser le secteur
Mercato auto Europa

La nouvelle année a soufflé un vent d’optimisme sur le marché automobile européen, qui a connu un rebond significatif dès le premier mois de 2024. D’après les chiffres émanant de l’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles (ACEA), la tendance à l’achat de véhicules neufs semble reprendre des couleurs, avec une hausse notable de 11,5% des immatriculations si l’on inclut l’Union européenne élargie, le Royaume-Uni et les pays de l’Association Européenne de Libre Échange (AELE). Bien que ces statistiques puissent présager un avenir radieux pour l’industrie, une ombre plane encore sur cette éclaircie économique. Le secteur automobile n’a pas encore atteint l’effervescence de l’ère prépandémique, affichant un déficit de 17,2 % par rapport aux chiffres enregistrés en 2019.

Le Centre d’études des promoteurs, toujours à l’affût des dynamiques de marché, a scrupuleusement analysé les raisons de cette croissance. Selon leurs observations, la demande accrue peut être en partie attribuée à l’achat de flottes par des entreprises et des sociétés de location longue durée, ainsi qu’aux politiques incitatives attirantes déployées pour encourager l’acquisition de voitures électriques. Toutefois, le rapport du centre met en évidence un recul des achats de la part des consommateurs individuels. La hausse successive des tarifs au cours des dernières années semble avoir incité les particuliers à se tourner davantage vers des solutions comme la location longue durée, qui, initialement conçues pour les besoins corporatifs, séduisent de plus en plus de clients privés.

La transition vers une mobilité électrifiée est de plus en plus palpable à l’échelle européenne. En janvier 2024, 120 926 nouvelles voitures électriques ont été immatriculées, marquant une progression de 29,3 %. Cependant, malgré ce bond en avant, la part de marché global de ces véhicules a reculé à 11,9%, contre 15,7% sur l’ensemble de l’année précédente. L’Italie, en particulier, semble marquer le pas dans ce domaine avec une part de seulement 2,1%, restant ainsi bien en-deçà de la moyenne européenne qui était de 4,2% l’année d’avant. Cette régression serait due à l’anticipation de nouvelles mesures incitatives de la part du gouvernement italien, promises pour soutenir l’achat de voitures électriques et pouvant se traduire par des rabais significatifs de jusqu’à 13 750 euros pour la mise au rebut de vieux véhicules et pour les foyers avec des revenus ISEE inférieurs à 30 000 euros.

Face à cette situation, l’Union Nationale des Représentants Automobiles Étrangers (UNRAE) lance un cri d’alarme et appelle à une action gouvernementale urgente. Les retards dans l’introduction des nouvelles mesures incitatives pour 2024 semblent avoir gelé le marché des voitures électriques. L’approbation imminente du décret du Premier ministre, ainsi que la mise à jour de la plateforme Invitalia, sont jugées cruciales pour activer ces dispositifs d’incitation. En attendant, le marché demeure dans un état de paralysie, ce que les chiffres modestes des immatriculations de voitures zéro émission en janvier tendent à confirmer.

Pour UNRAE, le succès de la transition énergétique ne pourra être assuré que si le gouvernement italien agit pour supprimer ou, à tout le moins, revoir à la hausse le plafond de prix des voitures bénéficiant du statut zéro émission. Cet appel à l’action résonne comme un impératif pour le secteur, qui se trouve à un tournant crucial de son évolution.